
Traitement de Hashimoto
Dr Martin HristovLa maladie de Hashimoto est une affection auto-immune dans laquelle le propre système immunitaire attaque la glande thyroïde, provoquant une inflammation chronique et une destruction progressive du parenchyme glandulaire, entraînant une réduction drastique de sa fonctionnalité. Ces changements se traduisent par une production fortement réduite d'hormone thyroïdienne – un état médicalement appelé hypothyroïdie. La maladie de Hashimoto, découverte par le médecin japonais Hakaru Hashimoto en France et ailleurs, est la cause la plus fréquente d'hypothyroïdie dans le monde.
Peut-elle être guérie ?

La maladie de Hashimoto ne peut pas être guérie, car le processus auto-immun est irréversible. Toutefois, avec un hashimoto traitement approprié – le plus souvent une thérapie de substitution à base de lévothyroxine (analogue synthétique de l’hormone thyroxine - T4) – les niveaux hormonaux peuvent être maintenus dans la norme et les symptômes de la thyroïdite efficacement contrôlés. De plus, il existe des méthodes permettant de ralentir la dégénérescence auto-immune de l'organe.
Objectifs du traitement de la maladie de Hashimoto
Étant donné qu'il n'existe actuellement aucun traitement pathophysiologique pour la thyroïdite de Hashimoto, la prise en charge vise à contrôler l'équilibre hormonal, soulager les symptômes et prévenir d'éventuelles complications. Bien que la guérison soit pratiquement impossible en raison de la nature auto-immune de la maladie, une gestion efficace peut considérablement améliorer la qualité de vie du patient, notamment chez les femmes, qui sont plus souvent touchées.
Dans cette optique, le traitement de Hashimoto a plusieurs objectifs principaux :
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Maintien de niveaux hormonaux normaux – l'objectif optimal est de préserver un état euthyroïdien, où les hormones thyroïdiennes sont présentes en concentrations et proportions normales. Pour atteindre cet objectif, la thérapie de substitution à base de lévothyroxine est le traitement le plus couramment utilisé. Le bon dosage du traitement est déterminé par une surveillance régulière des niveaux de TSH, T3 et T4 dans le sang. Le maintien d'un état euthyroïdien réduit le risque d’hypothyroïdie et des complications associées, notamment les troubles cardiovasculaires, les déficits cognitifs et les problèmes métaboliques comme la constipation.
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Soulagement des symptômes – dans la maladie de Hashimoto, les symptômes varient en fonction de la gravité du déficit et du déséquilibre hormonal. L’initiation d’une thérapie de substitution avec de la lévothyroxine entraîne une réduction progressive de l'intensité des symptômes tels que fatigue, dépression, intolérance au froid, perte de cheveux , sécheresse de la peau et prise de poids. Dans certains cas, certains patients présentent encore des symptômes résiduels malgré des résultats biologiques normaux. Chez ces patients, l’ajout de liothyronine (analogue synthétique de T3) ou une combinaison de liothyronine et de lévothyroxine peut être envisagé sur recommandation de l’endocrinologue traitant. En cas de taux élevés d’anticorps anti-TPO et de forte réaction inflammatoire due au processus auto-immun, des médicaments supplémentaires tels que des corticostéroïdes peuvent être ajoutés pour réduire l’infiltration des globules blancs dans la glande.
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Prévention des complications – une hypothyroïdie non traitée ou mal contrôlée entraîne des complications graves, telles que le myxœdème (forme sévère de la maladie avec risque de coma et de décès), les maladies cardiovasculaires (en raison d'un risque accru d'hypertension diastolique, d'hypercholestérolémie et d'athérosclérose),l'ostéoporose, la dépression ou encore une insuffisance surrénalienne.
Le maintien d’une fonction thyroïdienne normale et d’un état euthyroïdien grâce à un examen clinique précoce, un traitement personnalisé et un mode de vie sain réduit considérablement le risque de complications comme le goitre ou une hypertrophie du cou.
Un traitement efficace de la maladie de Hashimoto nécessite une approche multidisciplinaire impliquant un endocrinologue, un diététicien, un physiothérapeute et parfois un psychologue afin d'assurer un contrôle optimal de l'affection, notamment pour les patients atteints du syndrome de Turner, qui peuvent être plus à risque.
Traitement médicamenteux
Le traitement de la thyroïdite de Hashimoto vise à corriger l'hypothyroïdie (si elle est présente) ainsi qu'à soulager et contrôler les symptômes. Dans la majorité des cas, ce processus repose sur l’administration d’une thérapie hormonale substitutive, et dans certaines situations spécifiques, d’autres médicaments peuvent être ajoutés pour stabiliser le volume de la thyroïde.
Thérapie hormonale substitutive
La maladie de Hashimoto est une maladie auto-immune progressive qui entraîne progressivement la destruction de la glande thyroïde et la perturbation de sa fonction, empêchant l’organisme de produire suffisamment d’hormones thyroïdiennes. C'est pourquoi le traitement repose principalement sur l'utilisation d'analogues synthétiques de ces hormones.
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Lévothyroxine (L-thyroxine ou L-T4) – analogue synthétique de la tétraiodothyronine (T4) :
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Se prend le matin, à jeun, avec un verre d’eau, au moins 30 à 60 minutes avant un repas.
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La dose est individualisée : en général, on commence par 25-50 µg/jour, avec des ajustements en fonction des niveaux de TSH et FT4.
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L'objectif du traitement est de maintenir un état euthyroïdien.
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Liothyronine (L-T3) – analogue synthétique de la triiodothyronine (T3).
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Rarement utilisée seule en raison de sa demi-vie courte et de ses concentrations plasmatiques instables, provoquant des fluctuations hormonales brusques.
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Utilisée dans le cadre d'une thérapie combinée (T3/T4) en cas d'effet insuffisant de la lévothyroxine.
Le rôle de l’alimentation dans la maladie de Hashimoto
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L’alimentation influence l’inflammation et la réponse auto-immune dans la maladie de Hashimoto. Bien qu’il n’existe pas de régime universel, certaines stratégies aident à soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie.
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Un régime anti-inflammatoire, riche en antioxydants, oméga-3 et probiotiques (légumes, poissons gras, noix, yaourt, kéfir), réduit l’inflammation. L’élimination du gluten peut être bénéfique pour certains patients. L’apport en iode doit être modéré, et la consommation de soja et de légumes crucifères limitée.
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Privilégiez les protéines de qualité, les bonnes graisses et les glucides complexes. Évitez les produits raffinés, les sucres rapides, les aliments frits, l’alcool et la caféine, qui perturbent l’équilibre hormonal.
Compléments alimentaires et plantes médicinales
Bien que la maladie ne puisse être guérie, certains compléments alimentaires et plantes médicinales peuvent contribuer directement ou indirectement à l’amélioration de l’état de santé.
Suppléments pour la maladie de Hashimoto
Sélénium
Cet oligo-élément joue un rôle essentiel dans la protection antioxydante et le métabolisme des hormones thyroïdiennes. Il participe à la synthèse des enzymes responsables de l’activation des hormones T3 et T4. Le sélénium possède un effet anti-inflammatoire et réduit l’inflammation liée à la réaction auto-immune contre la glande thyroïde. Une carence en ce minéral peut aggraver la réponse immunitaire, d’où l’intérêt d’une supplémentation si nécessaire.
Vitamine D
Joue un rôle clé dans la régulation du système immunitaire et peut moduler la réponse immunitaire en réduisant l’activité des cellules attaquant le parenchyme thyroïdien. Une corrélation a été établie entre de faibles niveaux de vitamine D et des maladies auto-immunes comme la maladie de Hashimoto. En plus d’influencer le processus auto-immun, elle participe à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Une supplémentation est souvent recommandée.
Zinc
Cet oligo-élément est nécessaire au bon fonctionnement de la glande thyroïde, car il participe à la synthèse et au métabolisme des hormones thyroïdiennes. Il est également fondamental pour l’immunité et une carence en zinc peut entraîner une altération de la fonction thyroïdienne et aggraver les symptômes de la maladie de Hashimoto. Comme il est souvent déficitaire, une supplémentation peut être bénéfique.
Vitamine B12
Essentielle au métabolisme énergétique et au bon fonctionnement du système nerveux, une carence en vitamine B12 peut aggraver des symptômes tels que la fatigue, l’épuisement, la dépression et les troubles neurologiques caractéristiques de la maladie de Hashimoto.
Acides gras oméga-3
Les acides gras oméga-3 possèdent de puissantes propriétés anti-inflammatoires qui aident à réduire l'inflammation dans l'organisme, y compris dans la glande thyroïde. Ils régulent les niveaux de molécules inflammatoires qui peuvent aggraver la maladie de Hashimoto. De plus, les oméga-3 favorisent la santé des membranes cellulaires, ce qui est essentiel au bon fonctionnement de la glande thyroïde. Leur ajout sous forme de compléments alimentaires est bénéfique pour les personnes atteintes de Hashimoto.
Vitamine A
La vitamine A joue un rôle clé dans la régulation du système immunitaire et l'équilibre des hormones thyroïdiennes. Elle favorise la division cellulaire et la régénération de la glande thyroïde, tout en régulant la production des hormones thyroïdiennes. Une carence en vitamine A peut aggraver l'activité auto-immune et provoquer des déséquilibres hormonaux. C'est pourquoi, après avis du médecin traitant, elle peut être prise sous forme de complément alimentaire.
Magnésium
Le magnésium est un minéral essentiel au métabolisme énergétique et au bon fonctionnement du système nerveux. Il intervient dans la synthèse des hormones thyroïdiennes et facilite leur absorption par les cellules. Le magnésium aide également à réduire le stress et à améliorer le sommeil, contribuant ainsi à la diminution des niveaux de cortisol, l’hormone du stress, qui peut avoir un impact négatif sur la glande thyroïde. La prise de magnésium sous forme de complément alimentaire hautement concentré est fortement recommandée en cas de thyroïdite de Hashimoto.
Fer
Le fer est nécessaire au bon fonctionnement de la glande thyroïde, car il participe à la production des hormones thyroïdiennes. Une carence en fer peut entraîner un métabolisme hormonal altéré et aggraver les symptômes de l'hypothyroïdie chez les personnes atteintes de Hashimoto. Le fer contribue également à l'équilibre énergétique et au bien-être général.
Plantes pour la maladie de Hashimoto

Étant donné que la thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune spécifique, peu de plantes sont réellement bénéfiques pour cette condition. Celles qui sont recommandées doivent leurs effets à leurs propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et adaptogènes. Voici les plantes que nous conseillons en cas de Hashimoto :
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Ashwagandha – Cette plante est un puissant adaptogène qui régule les niveaux de stress en réduisant le taux de cortisol. C'est précisément cette propriété qui la rend adaptée aux maladies auto-immunes, comme la thyroïdite de Hashimoto. De plus, elle réduit l'inflammation et peut soulager des symptômes tels que la fatigue.
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Curcuma – Cette plante possède un effet anti-inflammatoire puissant, qui peut réduire significativement les processus inflammatoires affectant la glande thyroïde en raison des attaques du système immunitaire. Le curcuma protège également contre les radicaux libres, qui, sous l'effet du stress excessif, attaquent les structures de la glande thyroïde.
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Basilic sacré – Cette plante adaptogène régule le stress et contribue à la réduction de l'inflammation dans l'organisme, ce qui est bénéfique dans le cas de la maladie de Hashimoto.
Ces plantes peuvent être consommées sous forme d’infusions, d’extraits secs concentrés ou de teintures hautement assimilables.
L'importance de l'activité physique
L’activité physique joue un rôle essentiel dans la gestion des symptômes de la maladie de Hashimoto, la prévention de certaines complications et l’amélioration globale de la qualité de vie. Bien que les personnes atteintes de Hashimoto puissent souffrir de fatigue accrue et d’une énergie réduite, une activité physique adaptée offre de nombreux bienfaits :
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Amélioration du niveau d’énergie – L’exercice régulier favorise la circulation sanguine, stimule le métabolisme et aide à maintenir un équilibre optimal dans l’organisme. Toutefois, il doit être dosé pour éviter une fatigue excessive.
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Contrôle du poids – En raison d’un métabolisme ralenti, les patients atteints de Hashimoto sont souvent sujets à une prise de poids. L’exercice régulier aide à la gestion du poids en stimulant la masse musculaire et la combustion des graisses.
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Amélioration de l’humeur et réduction du stress – L’activité physique stimule la production d’endorphines, les hormones du bonheur, qui ont un effet positif sur l’humeur et aident à combattre le stress, un facteur clé dans l’évolution de Hashimoto.
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Soutien du système immunitaire – Une activité physique légère à modérée peut aider à “rééquilibrer” le système immunitaire, dont le dérèglement est au cœur des maladies auto-immunes.
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Amélioration de la santé cardiovasculaire – Les exercices réguliers, notamment aérobiques, préviennent l’athérosclérose et l’hypertension, qui sont des risques fréquents chez les personnes atteintes de Hashimoto.
Recommandations pour l’activité physique en cas de Hashimoto :
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Exercices modérés comme la marche, le yoga, la natation et le Pilates sont particulièrement adaptés, notamment aux premiers stades, lorsque l’énergie est réduite.
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Entraînement cardio – L’inclusion d’exercices aérobiques comme le vélo ou la marche rapide peut favoriser la santé cardiovasculaire et le métabolisme.
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Musculation légère – L’utilisation de petits poids ou des exercices au poids du corps renforcent les muscles et stimulent le métabolisme.
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Yoga et méditation – Ces pratiques améliorent non seulement la souplesse physique, mais aussi le bien-être mental et la gestion du stress.
Gestion du stress

Comme pour toutes les maladies auto-immunes, le stress joue un rôle crucial dans la progression de la maladie de Hashimoto. Il est essentiel de trouver un équilibre entre le stress quotidien (travail, responsabilités) et des moments de détente et de relaxation. Des activités comme les promenades en pleine nature, les loisirs créatifs ou des interactions sociales enrichissantes peuvent aider à réduire le stress et à générer des émotions positives.
L’exercice physique, ainsi que des pratiques comme le yoga et la méditation, sont également d’excellents outils pour gérer le stress. Enfin, il est important d’insister sur la qualité du sommeil : il est recommandé de dormir au moins 7 heures par nuit afin de permettre à l’organisme de se régénérer et de maintenir un niveau de stress faible.
Thérapies alternatives
Outre la thérapie de substitution à la L-thyroxine, les options de traitement complémentaire ou alternatif pour la thyroïdite de Hashimoto se limitent à l’adoption d’un régime alimentaire sain et équilibré, au maintien de faibles niveaux de stress grâce à la méditation, au yoga, à un sommeil de qualité et à une activité physique régulière, ainsi qu’à la prise de certains compléments alimentaires et plantes médicinales.
Comment prévenir les complications
La prévention des complications de la thyroïdite de Hashimoto repose principalement sur un suivi régulier des taux d’hormones thyroïdiennes et un ajustement correct des doses de L-thyroxine en fonction de ces niveaux.
L’adoption d’un mode de vie sain, selon les pratiques mentionnées ci-dessus, peut également réduire le risque de complications et faciliter le contrôle des hormones thyroïdiennes.
Vivre avec la maladie de Hashimoto
Vivre avec la maladie de Hashimoto nécessite un suivi constant de l’état de santé et une adaptation du quotidien aux symptômes de la maladie. Bien que des symptômes tels que la fatigue, la dépression et la prise de poids puissent être contraignants, des examens médicaux réguliers, un traitement médicamenteux approprié et le respect des principes d’un mode de vie sain peuvent aider à contrôler les niveaux hormonaux.
Le maintien d’un mode de vie équilibré, avec une alimentation adaptée, une activité physique régulière et des stratégies de gestion du stress, joue un rôle essentiel dans l’atténuation des symptômes. Il est également important de surveiller l’état psycho-émotionnel, car la maladie de Hashimoto peut affecter l’humeur et l’équilibre énergétique. Malgré certaines contraintes, les personnes atteintes de la maladie de Hashimoto peuvent mener une vie épanouie en gérant leur état grâce à une combinaison adéquate de traitement, de soins personnels et de soutien social.
Conclusion
Le traitement de la maladie de Hashimoto nécessite une approche globale incluant une thérapie médicamenteuse, une alimentation adaptée et un mode de vie sain. L'hormonothérapie substitutive à base de lévothyroxine est le principal moyen de maintenir des niveaux normaux d'hormones thyroïdiennes. Parallèlement, une alimentation équilibrée et une bonne gestion du stress peuvent aider à contrôler les symptômes et à améliorer l'état général du patient.
Un diagnostic précoce et une approche personnalisée du traitement sont essentiels pour prévenir les complications et assurer une bonne qualité de vie. C'est pourquoi des examens médicaux réguliers et des consultations avec un spécialiste sont indispensables.
Questions fréquentes

En quoi consiste le traitement principal de la maladie de Hashimoto ?
Le traitement principal repose sur une thérapie de substitution hormonale avec la lévothyroxine, qui compense le manque d’hormones thyroïdiennes. Cela permet de normaliser le métabolisme et d’atténuer les symptômes.
Quel rôle joue l’alimentation dans le traitement de Hashimoto ?
Bien qu’il n’existe pas de régime universel, une alimentation équilibrée avec des aliments anti-inflammatoires, une réduction du gluten et un contrôle de l’apport en iode peut aider à réduire la réaction auto-immune et à améliorer l’état général.
Pourquoi est-il important de faire un suivi régulier chez un spécialiste ?
Des consultations et analyses régulières des taux hormonaux garantissent l’efficacité du traitement et l’ajustement correct du dosage des médicaments, évitant ainsi les complications.